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Aspects déontologiques et réglementaires

Quelles sanctions en cas de manquement déontologique ?

5 min de lectureMis à jour le 4 mars 2026

En résumé

Les sanctions disciplinaires, prévues par l'article L4124-6 du CSP, vont de l'avertissement à la radiation. Elles sont prononcées par la chambre disciplinaire de première instance après conciliation obligatoire, avec possibilité d'appel sous 30 jours.

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Aspects déontologiques et réglementaires

Vérifié par Frédéric Teboul — Infirmier diplômé d'État et dirigeant de SOS Infirmières, il accompagne les infirmières libérales depuis plus de 20 ans

Dernière mise à jour le 4 mars 2026 · Voir notre politique éditoriale

Quelles sont les sanctions disciplinaires de l'avertissement à la radiation ?

4 niveaux de sanctions disciplinaires sont prévus par l'article L4124-6 du Code de la Santé Publique. L'article L4124-6 du Code de la Santé Publique définit ces quatre niveaux applicables aux infirmiers. Cette échelle n'est pas un simple barème : la chambre disciplinaire dispose d'un pouvoir d'appréciation pour adapter la sanction à la gravité des faits, aux circonstances et au parcours professionnel de l'infirmier mis en cause.

Le premier niveau, l'avertissement, sanctionne des manquements mineurs : un retard isolé dans la transmission d'informations, un défaut ponctuel de confraternité vis-à-vis de ses obligations déontologiques. Il ne figure pas au dossier de l'intéressé de manière permanente et n'affecte pas l'exercice professionnel.

Le blâme marque un cran au-dessus. Il sanctionne des fautes plus caractérisées — un manquement répété aux obligations déontologiques, un défaut de diligence ayant exposé un patient à un risque. Le blâme est inscrit au dossier.

L'interdiction temporaire d'exercer peut aller jusqu'à 3 ans maximum. Elle peut être assortie d'un sursis total ou partiel. Un sursis de 18 mois sur une interdiction de 2 ans signifie que l'infirmier ne purgera effectivement que 6 mois — à condition de ne commettre aucune nouvelle faute pendant la durée du sursis. Cette sanction frappe directement le revenu : pendant l'interdiction, aucune facturation à l'Assurance Maladie n'est possible.

Attention : La radiation du tableau constitue la sanction ultime. Elle interdit définitivement l'exercice de la profession. Elle est réservée aux fautes d'une extrême gravité : maltraitance avérée, violations répétées du secret professionnel, exercice sous l'emprise de substances.

Chez SOS Infirmières, nous accompagnons chaque année des dizaines d'infirmières dans la compréhension de ces règles pour prévenir tout risque disciplinaire.

Comment se déroule la procédure disciplinaire ?

Environ un tiers des affaires disciplinaires se résolvent au stade de la conciliation, première étape obligatoire de la procédure. La procédure disciplinaire devant l'Ordre des infirmiers obéit à un formalisme précis, garantissant les droits de la défense.

Qui peut déposer plainte ? Un patient, un confrère, le conseil départemental de l'Ordre, le directeur de l'ARS, le procureur de la République ou encore le ministre de la Santé. En pratique, la majorité des plaintes émanent de patients ou de l'Assurance Maladie.

Première étape obligatoire : la conciliation. Le conseil départemental de l'Ordre convoque les parties pour tenter de résoudre le différend à l'amiable. Ce n'est pas une formalité creuse — environ un tiers des affaires se règlent à ce stade, souvent par des engagements de l'infirmier à modifier ses pratiques.

Si la conciliation échoue, l'affaire est transmise à la chambre disciplinaire de première instance, présidée par un membre du tribunal administratif — ce qui garantit l'indépendance de la juridiction. L'infirmier mis en cause reçoit une convocation détaillant les griefs et dispose du droit de se faire assister par un avocat. L'audience est contradictoire : chaque partie expose ses arguments, produit ses pièces et répond aux questions de la chambre.

Conseil : Si vous faites l'objet d'une plainte, faites-vous assister par un avocat dès le stade de la conciliation. La préparation de votre défense commence bien avant l'audience devant la chambre disciplinaire.

La décision est rendue par écrit, motivée en fait et en droit, conformément aux dispositions du Code de la Santé Publique. Elle précise la sanction retenue et les voies de recours. L'article R4126-44 du CSP fixe le délai d'appel à 30 jours à compter de la notification de la décision. Point capital : l'appel est suspensif, ce qui signifie que la sanction de première instance ne s'applique pas tant que la chambre disciplinaire nationale n'a pas statué.

Comment faire appel et quelles fautes sont les plus sanctionnées ?

La violation du secret professionnel et la fraude à l'Assurance Maladie sont les fautes les plus lourdement sanctionnées. L'appel se forme devant la Chambre disciplinaire nationale de l'Ordre des infirmiers. Cette instance réexamine l'ensemble de l'affaire — les faits, le droit et la proportionnalité de la sanction. Elle peut confirmer, aggraver ou réduire la sanction de première instance, voire prononcer une relaxe.

Au-delà de l'appel, un pourvoi en cassation est possible devant le Conseil d'État. Ce recours ne porte pas sur les faits mais exclusivement sur la régularité de la procédure et l'application du droit. Un vice de forme dans la convocation, une motivation insuffisante de la décision, une erreur dans l'interprétation d'un article du Code de la Santé Publique — voilà les motifs recevables.

Quelles fautes déclenchent le plus souvent des poursuites ? La violation du secret professionnel, détaillée dans notre guide sur la confidentialité des dossiers, arrive en tête, sanctionnée lourdement (suspension longue, voire radiation) car elle porte atteinte à la confiance des patients envers l'ensemble de la profession.

La fraude à l'Assurance Maladie — surfacturation, cotation d'actes fictifs au regard de la NGAP, fausses attestations — entraîne des sanctions disciplinaires auxquelles s'ajoutent des pénalités financières et un éventuel déconventionnement.

Chiffre clé : Les pénalités financières pour fraude à l'Assurance Maladie peuvent atteindre 200 % des sommes indûment perçues, auxquelles s'ajoutent les sanctions disciplinaires et un éventuel déconventionnement.

L'exercice sous l'emprise d'alcool ou de stupéfiants conduit généralement à une interdiction temporaire assortie d'une obligation de soins. Le non-respect des règles de confraternité, bien que perçu comme moins grave, représente un volume significatif de plaintes : détournement de patientèle, dénigrement public d'un confrère, refus de transmettre un dossier lors d'un changement d'infirmier.

Questions fréquentes

Quelles sont les 4 sanctions disciplinaires applicables aux IDEL ?

L'article L4124-6 du Code de la Santé Publique définit quatre niveaux : l'avertissement (manquements mineurs), le blâme (fautes plus caractérisées, inscrit au dossier), l'interdiction temporaire d'exercer (jusqu'à 3 ans maximum, avec sursis possible) et la radiation du tableau (interdiction définitive, réservée aux fautes d'extrême gravité).

Quel est le délai pour faire appel d'une sanction disciplinaire infirmière ?

L'article R4126-44 du CSP fixe le délai d'appel à 30 jours à compter de la notification de la décision. L'appel est suspensif, ce qui signifie que la sanction de première instance ne s'applique pas tant que la chambre disciplinaire nationale n'a pas statué.

La conciliation est-elle obligatoire avant une procédure disciplinaire ?

Oui, la conciliation par le conseil départemental de l'Ordre constitue une étape obligatoire. Environ un tiers des affaires se règlent à ce stade, souvent par des engagements de l'infirmier à modifier ses pratiques. Si la conciliation échoue, l'affaire est transmise à la chambre disciplinaire de première instance.

Quelles fautes entraînent le plus souvent des poursuites disciplinaires ?

La violation du secret professionnel arrive en tête, sanctionnée par une suspension longue ou la radiation. La fraude à l'Assurance Maladie (surfacturation, actes fictifs) entraîne sanctions disciplinaires, pénalités financières et déconventionnement. L'exercice sous l'emprise d'alcool ou de stupéfiants conduit à une interdiction temporaire avec obligation de soins.

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