En résumé
Les obligations principales sont : secret professionnel absolu (1 an de prison + 15 000 € d'amende en cas de violation), continuité des soins, maintien des compétences via le DPC, non-discrimination, probité dans la facturation et loyauté envers les confrères.
Aspects déontologiques et réglementaires
Vérifié par Frédéric Teboul — Infirmier diplômé d'État et dirigeant de SOS Infirmières, il accompagne les infirmières libérales depuis plus de 20 ans
Dernière mise à jour le 4 mars 2026 · Voir notre politique éditoriale
Que risque-t-on en cas de violation du secret professionnel ?
La violation du secret professionnel est punie de 1 an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende. Le secret professionnel constitue le socle de la relation soignant-patient en exercice libéral. Défini par l'article R4312-5 du Code de la Santé Publique, il couvre absolument tout ce que l'infirmier a vu, lu, entendu, constaté ou compris dans l'exercice de ses fonctions. Cela va bien au-delà du simple diagnostic : la présence d'un patient à votre cabinet, ses conditions de vie observées lors d'une visite à domicile, une confidence faite pendant un soin — tout relève du secret.
Attention : L'article 226-13 du Code pénal prévoit 1 an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende pour violation du secret professionnel. Sur le plan ordinal, cette infraction entraîne fréquemment une radiation pure et simple.
Ce n'est pas une menace théorique : chaque année, des professionnels de santé font l'objet de poursuites devant l'Ordre national des infirmiers pour avoir partagé des informations médicales sur les réseaux sociaux ou dans un cadre familial. Chez SOS Infirmières, nous accompagnons chaque année des dizaines d'infirmières dans la compréhension de ces obligations.
La loi prévoit toutefois des exceptions strictement encadrées par l'article 226-14 du Code pénal. Vous devez signaler les cas de maltraitance sur mineurs ou personnes vulnérables. Depuis la loi n° 2020-936 du 30 juillet 2020, vous pouvez aussi signaler des violences conjugales sans l'accord de la victime lorsqu'il existe un danger immédiat. Le secret partagé entre professionnels de santé participant à la prise en charge d'un même patient est autorisé par l'article L1110-4 du CSP, à condition de ne transmettre que les informations strictement nécessaires. Enfin, certaines pathologies font l'objet d'une déclaration obligatoire aux autorités sanitaires via l'ARS.
Comment assurer la continuité des soins en libéral ?
L'abandon thérapeutique est interdit : vous devez organiser le remplacement de chaque patient avant toute absence prévisible. En libéral, la continuité des soins repose entièrement sur vos épaules. Contrairement à l'hôpital où une équipe prend le relais, c'est à vous d'anticiper chaque absence.
Votre obligation se décompose en plusieurs volets concrets. D'abord, l'organisation des remplacements : avant toute absence prévisible, identifiez un ou une collègue IDEL inscrit(e) au tableau de l'Ordre des infirmiers, formalisez le remplacement par un contrat écrit et transmettez un dossier de liaison pour chaque patient concerné. Ce dossier doit contenir les prescriptions en cours, les particularités de prise en charge et les coordonnées des médecins prescripteurs.
Ensuite, l'interdiction de l'abandon thérapeutique. Vous ne pouvez pas cesser de suivre un patient du jour au lendemain sans motif légitime. Si vous souhaitez mettre fin à une prise en charge — par exemple en raison d'un comportement menaçant —, un préavis raisonnable s'impose pour permettre au patient de trouver un autre professionnel. En pratique, un délai de 15 jours est souvent retenu, accompagné d'un courrier expliquant la situation au médecin traitant.
Conseil : Manquer à l'obligation de continuité des soins expose à des poursuites devant la chambre disciplinaire de l'Ordre, et potentiellement à une mise en cause de votre responsabilité civile professionnelle. Anticipez toujours vos absences par des remplacements formalisés par écrit.
Quelles sont les obligations de DPC, probité et confraternité ?
Le DPC est obligatoire : chaque IDEL doit justifier d'au moins 2 actions sur 3 catégories en 3 ans. Le Développement Professionnel Continu (DPC) n'est pas une option. Chaque IDEL doit justifier, sur une période de 3 ans, d'au moins deux types d'actions parmi trois catégories : formation continue, évaluation des pratiques professionnelles et gestion des risques. En 2026, le contrôle s'est intensifié : l'Agence nationale du DPC croise désormais ses données avec celles de l'Ordre. Une IDEL qui ne satisfait pas à cette obligation s'expose à un signalement à la chambre disciplinaire.
La probité touche directement votre activité de facturation. Coter un AMI 4 quand l'acte réalisé correspond à un AMI 3, facturer un déplacement non effectué, accepter un avantage d'un laboratoire en échange de prescriptions orientées — ces pratiques relèvent de la fraude. L'Assurance Maladie dispose d'outils statistiques redoutables pour détecter les anomalies de facturation. Les conséquences vont du simple rappel à l'ordre au déconventionnement, en passant par des pénalités financières pouvant atteindre 200 % des sommes indûment perçues.
Quant à la confraternité, elle se traduit par des règles concrètes : ne pas dénigrer un confrère devant un patient, ne pas démarcher activement la patientèle d'un collègue, et collaborer loyalement lors des transmissions de dossiers. En tournée, cela signifie aussi respecter les secteurs géographiques tacitement établis entre IDEL d'un même territoire, conformément aux recommandations de l'Ordre des infirmiers. Un différend ? Saisissez le conseil départemental de l'Ordre pour une conciliation avant d'envisager toute action disciplinaire.
Questions fréquentes
Quelles sont les principales obligations déontologiques d'une infirmière libérale ?
Les cinq obligations fondamentales sont : le secret professionnel absolu (1 an de prison et 15 000 € d'amende en cas de violation), la continuité des soins avec organisation systématique des remplacements, le maintien des compétences via le DPC triennal, la probité dans la facturation et la confraternité envers les confrères.
Que risque une IDEL qui viole le secret professionnel ?
L'article 226-13 du Code pénal prévoit 1 an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende. Sur le plan ordinal, la violation du secret professionnel entraîne fréquemment une radiation pure et simple du tableau de l'Ordre des infirmiers.
Le DPC est-il obligatoire pour les infirmières libérales ?
Oui, le Développement Professionnel Continu est obligatoire. Chaque IDEL doit justifier, sur une période de 3 ans, d'au moins deux types d'actions parmi trois catégories : formation continue, évaluation des pratiques professionnelles et gestion des risques. L'Agence nationale du DPC croise ses données avec celles de l'Ordre pour contrôler le respect de cette obligation.
Peut-on cesser de suivre un patient du jour au lendemain en libéral ?
Non, l'abandon thérapeutique est interdit. Si vous souhaitez mettre fin à une prise en charge, un préavis raisonnable d'environ 15 jours s'impose, accompagné d'un courrier au médecin traitant, pour permettre au patient de trouver un autre professionnel. Manquer à cette obligation expose à des poursuites devant la chambre disciplinaire de l'Ordre.
Prêt à vous lancer en libéral ?
SOS Infirmières vous accompagne à chaque étape de votre installation avec un cabinet clé en main et un accompagnement personnalisé.
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Comment garantir la confidentialité des dossiers patients ?
Les dossiers patients doivent être conservés 20 ans à compter de la dernière intervention (art. R1112-7 CSP). Sécurisez-les physiquement et numériquement, tenez un registre des traitements RGPD et notifiez toute violation de données à la CNIL sous 72 heures.
Quelles sanctions en cas de manquement déontologique ?
Les sanctions disciplinaires, prévues par l'article L4124-6 du CSP, vont de l'avertissement à la radiation. Elles sont prononcées par la chambre disciplinaire de première instance après conciliation obligatoire, avec possibilité d'appel sous 30 jours.
Comment tenir son registre des soins conforme ?
Le registre des soins doit contenir la date, l'heure, l'identité du patient, les actes réalisés, le prescripteur et les observations cliniques. Conservation obligatoire : 20 ans à compter de la dernière intervention (art. R1112-7 CSP).