En résumé
La déclaration 2035 est le formulaire fiscal des infirmières libérales imposées au régime réel (BNC). Elle détaille les recettes encaissées et les charges déductibles (véhicule, matériel, cotisations sociales, AGA) pour calculer le bénéfice net imposable. Elle devient obligatoire dès que les recettes annuelles dépassent 77 700 €, seuil du régime micro-BNC, et se télétransmet chaque année avant mi-mai.
Finances, tarification et assurances
Vérifié par Frédéric Teboul — Infirmier diplômé d'État et dirigeant de SOS Infirmières, il accompagne les infirmières libérales depuis plus de 20 ans
Dernière mise à jour le 15 juin 2026 · Voir notre politique éditoriale
Qu'est-ce que la déclaration 2035 et qui est concerné ?
La déclaration 2035 est la déclaration fiscale des professionnels libéraux imposés au régime réel des Bénéfices Non Commerciaux (BNC). Pour une infirmière libérale, elle remplace la simple ligne de chiffre d'affaires du régime micro et détaille, poste par poste, l'ensemble des recettes encaissées et des charges déductibles de l'année.
Deux situations rendent la 2035 obligatoire. Soit vos recettes annuelles dépassent le seuil du régime micro-BNC fixé à 77 700 € en 2026 : au-delà, le passage au régime réel est automatique. Soit vous avez opté volontairement pour le régime réel alors même que vos recettes sont inférieures à ce seuil, généralement parce que vos charges réelles dépassent l'abattement forfaitaire de 34 % du micro.
Concrètement, la grande majorité des IDEL relèvent du régime réel et déposent une 2035, car le chiffre d'affaires moyen d'une infirmière libérale (70 000 à 80 000 €) se situe au niveau du seuil, voire au-dessus. La déclaration 2035 se compose du formulaire principal (2035-SD) et de ses annexes (2035-A pour le détail des recettes et dépenses, 2035-B pour la détermination du résultat).
Chiffre clé : Le seuil de bascule micro-BNC vers réel est de 77 700 € de recettes pour 2026. Une tolérance existe : le régime micro reste applicable l'année du dépassement et l'année suivante tant que la moyenne biennale ne franchit pas durablement le seuil.
Dans notre expérience d'accompagnement depuis plus de 25 ans, nous constatons que la 2035 effraie souvent les nouvelles installées, alors qu'avec un bon logiciel comptable et une AGA, elle devient une formalité annuelle parfaitement maîtrisable.
Micro-BNC ou régime réel : comment choisir ?
Le régime réel (déclaration 2035) devient avantageux dès que vos charges réelles dépassent 34 % de vos recettes, soit le taux de l'abattement forfaitaire du micro-BNC. Pour la plupart des IDEL, c'est le cas : les frais de véhicule, le matériel, les cotisations sociales et les assurances pèsent souvent 45 à 60 % du chiffre d'affaires.
Le régime micro-BNC est plus simple : vous déclarez votre chiffre d'affaires brut sur votre déclaration de revenus, l'administration applique un abattement forfaitaire de 34 % censé représenter vos charges, et vous êtes imposée sur les 66 % restants. Aucune comptabilité détaillée n'est exigée, mais vous ne pouvez déduire aucune charge réelle.
Le régime réel impose une comptabilité de trésorerie (recettes encaissées, dépenses payées) et le dépôt d'une 2035, mais il permet de déduire l'intégralité de vos charges professionnelles réelles. Dès lors que vos charges dépassent l'abattement de 34 %, le réel réduit votre bénéfice imposable et donc votre impôt et vos cotisations sociales.
| Critère | Micro-BNC | Régime réel (2035) |
|---|---|---|
| Seuil de recettes | Jusqu'à 77 700 € | Obligatoire au-delà, ou sur option |
| Charges déduites | Abattement forfaitaire 34 % | Charges réelles intégrales |
| Comptabilité | Livre des recettes simplifié | Comptabilité de trésorerie complète |
| Formulaire | Ligne sur la 2042-C-PRO | Déclaration 2035 + annexes |
| Adhésion AGA | Non requise | Recommandée |
Conseil : Faites le calcul chaque année. Si vos charges réelles représentent par exemple 50 % de vos recettes, rester au micro-BNC reviendrait à renoncer à déduire 16 points de charges (50 % réels vs 34 % forfaitaires), soit plusieurs milliers d'euros d'impôt et de cotisations en trop.
Les infirmières que nous accompagnons constatent presque systématiquement que le régime réel est plus favorable dès la deuxième année d'exercice, lorsque l'activité atteint son rythme de croisière.
Quelles charges une IDEL peut-elle déduire sur la 2035 ?
Une IDEL au régime réel peut déduire toutes les charges engagées dans l'intérêt de son activité : véhicule, matériel médical, cotisations sociales, assurances, frais de cabinet et honoraires. C'est l'intérêt majeur de la 2035, et le poste qui pèse le plus est presque toujours le véhicule.
Les frais de véhicule représentent le premier poste de charges pour la majorité des infirmières en raison des tournées quotidiennes. Deux options : le barème kilométrique forfaitaire (qui couvre carburant, entretien, assurance et amortissement) ou les frais réels (chaque dépense justifiée plus l'amortissement du véhicule). Le barème kilométrique est souvent le plus simple et le plus avantageux pour les gros rouleurs.
Les principales charges déductibles d'une infirmière libérale au régime réel sont les suivantes :
- Véhicule : barème kilométrique ou frais réels, premier poste (6 000 à 10 000 €/an)
- Matériel médical et consommables : pansements, petit matériel, blouses, sacoche de soins
- Cotisations sociales : URSSAF et CARPIMKO, intégralement déductibles
- Assurances professionnelles : RCP, prévoyance, multirisque local
- Frais de cabinet : loyer, quote-part du domicile, électricité, ménage
- Honoraires et abonnements : comptable, AGA, logiciel de télétransmission, téléphone
- Cotisation ordinale et formation continue (DPC, formations payantes)
- Frais de tenue de comptabilité : logiciel, expert-comptable
Chiffre clé : Pour un chiffre d'affaires de 75 000 €, une IDEL au réel déduit couramment 15 000 à 20 000 € de charges d'exploitation, auxquelles s'ajoutent environ 20 000 € de cotisations sociales, ramenant le BNC net imposable autour de 37 000 €.
Frédéric Teboul, fondateur de SOS Infirmières, rappelle que la rigueur dans la conservation des justificatifs (factures, relevés, contrats) est la condition pour défendre ses déductions en cas de contrôle : aucune charge ne se déduit sans pièce justificative.
À quoi servent l'AGA et le comptable dans la 2035 ?
L'Association de Gestion Agréée (AGA) et l'expert-comptable sécurisent votre déclaration 2035 et vous évitent toute majoration fiscale. Leur rôle est complémentaire mais distinct.
L'AGA est un organisme agréé par l'administration fiscale auquel l'infirmière adhère volontairement (cotisation d'environ 150 à 250 € par an, elle-même déductible). Son rôle principal est le contrôle de cohérence de votre 2035 : l'AGA vérifie la vraisemblance de vos recettes et de vos charges, vous transmet un compte rendu de mission, et atteste de votre dossier auprès du fisc. Cette adhésion vous protège également d'une potentielle majoration : avant la suppression progressive du dispositif, le non-adhérent voyait son bénéfice majoré de 25 %. Aujourd'hui, l'adhésion reste fortement recommandée car elle réduit le délai de reprise de l'administration et envoie un signal de transparence.
L'expert-comptable, lui, tient ou supervise votre comptabilité, établit la 2035, optimise vos choix fiscaux (barème kilométrique vs frais réels, amortissements, PER déductible) et vous représente en cas de contrôle. Son coût (1 000 à 2 500 € par an) est intégralement déductible et se rentabilise généralement par les économies d'impôt et de cotisations qu'il génère.
Conseil : De nombreuses IDEL combinent un logiciel de comptabilité libérale (saisie quotidienne des recettes et dépenses) avec une révision annuelle par un expert-comptable, et adhèrent à une AGA. Ce trio offre le meilleur rapport sécurité/coût pour produire une 2035 fiable sans y consacrer un temps disproportionné.
Les infirmières que nous accompagnons nous confirment que déléguer la 2035 à un professionnel spécialisé en professions de santé leur libère un temps précieux tout en réduisant le risque d'erreur.
Quelles sont les échéances et les étapes pour déposer sa 2035 ?
La déclaration 2035 se télétransmet chaque année au printemps, généralement avant la mi-mai, via la procédure EDI-TDFC ou directement depuis votre espace professionnel sur impots.gouv.fr. La date précise est fixée annuellement par l'administration et tombe le plus souvent dans la deuxième quinzaine de mai pour la télédéclaration.
Le calendrier type d'une IDEL au régime réel s'organise ainsi : tenue d'une comptabilité de trésorerie tout au long de l'année (enregistrement des recettes encaissées et des dépenses payées), clôture de l'exercice au 31 décembre, puis établissement et télétransmission de la 2035 au printemps suivant. Le résultat (bénéfice ou déficit) issu de la 2035 est ensuite reporté sur votre déclaration de revenus personnelle (formulaire 2042-C-PRO).
Quelques règles à retenir pour éviter les erreurs : la comptabilité est tenue en recettes-dépenses (et non en créances-dettes), ce qui signifie qu'une recette compte à la date d'encaissement effectif et une charge à la date de paiement. Les recettes incluent les honoraires conventionnés remboursés par la CPAM, les compléments des mutuelles et les éventuels dépassements. Le retard ou l'absence de dépôt expose à des pénalités et à une majoration du bénéfice imposable.
Chiffre clé : Provisionnez chaque mois 35 à 40 % de vos recettes pour absorber l'impôt et les cotisations calculés sur le bénéfice de votre 2035. Cette discipline de trésorerie évite les mauvaises surprises lors des régularisations URSSAF et CARPIMKO.
Dans notre expérience, les IDEL qui saisissent leur comptabilité au fil de l'eau plutôt qu'en bloc à la clôture produisent une 2035 plus fiable et passent les échéances de printemps sans stress.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la déclaration 2035 pour une infirmière libérale ?
La 2035 est la déclaration fiscale des IDEL imposées au régime réel des Bénéfices Non Commerciaux (BNC). Elle détaille les recettes encaissées et les charges déductibles (véhicule, matériel, cotisations sociales, AGA) pour calculer le bénéfice net imposable. Elle est obligatoire dès que les recettes annuelles dépassent 77 700 €.
À partir de quel montant la 2035 devient-elle obligatoire ?
La déclaration 2035 (régime réel) est obligatoire dès que vos recettes annuelles dépassent 77 700 € en 2026, seuil du régime micro-BNC. En dessous de ce seuil, vous pouvez aussi opter volontairement pour le réel si vos charges réelles dépassent l'abattement forfaitaire de 34 % du micro-BNC.
Quelles charges une IDEL peut-elle déduire sur sa 2035 ?
Une IDEL au régime réel déduit toutes les charges professionnelles réelles : frais de véhicule (premier poste, barème kilométrique ou frais réels), matériel médical, cotisations URSSAF et CARPIMKO, assurances (RCP, prévoyance), loyer du cabinet, honoraires (comptable, AGA), logiciel de télétransmission, cotisation ordinale et formation continue.
Faut-il adhérer à une AGA quand on dépose une 2035 ?
L'adhésion à une Association de Gestion Agréée n'est pas légalement obligatoire mais fortement recommandée. L'AGA contrôle la cohérence de votre 2035, atteste votre dossier auprès du fisc et réduit le délai de reprise de l'administration. Sa cotisation (150 à 250 €/an) est elle-même déductible de votre BNC.
Quand faut-il déposer la déclaration 2035 ?
La 2035 se télétransmet chaque année au printemps, généralement avant la mi-mai (la date exacte est fixée annuellement par l'administration). Le résultat est ensuite reporté sur votre déclaration de revenus personnelle (2042-C-PRO). Un retard expose à des pénalités et à une majoration du bénéfice imposable.
Prêt à vous lancer en libéral ?
SOS Infirmières vous accompagne à chaque étape de votre installation avec un cabinet clé en main et un accompagnement personnalisé.
Vous aimerez aussi
Comment estimer mes charges et mon futur bénéfice ?
Le bénéfice d'une infirmière libérale se calcule en soustrayant l'ensemble des charges professionnelles déductibles du chiffre d'affaires encaissé. Pour un CA de 75 000 €, après déduction des charges d'exploitation et des cotisations sociales, le BNC net se situe généralement entre 35 000 et 45 000 €.
Cotisations sociales IDEL 2026 : URSSAF + CARPIMKO (montants à jour)
Les cotisations sociales d'une infirmière libérale se répartissent entre l'URSSAF (maladie-maternité, CSG-CRDS, allocations familiales, CFP) et la CARPIMKO (retraite de base, retraite complémentaire, invalidité-décès). Pour un BNC de 50 000 €, le total atteint environ 18 000 € par an, soit environ 36 % du bénéfice.
Quel statut juridique choisir pour mon activité libérale ?
Le choix se fait principalement entre l'Entreprise Individuelle (EI), statut par défaut depuis la réforme de 2022 qui sépare automatiquement patrimoines personnel et professionnel, et la Société d'Exercice Libéral (SELARL ou SELAS), indispensable pour s'associer et optimiser sa fiscalité via l'impôt sur les sociétés.