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Démarches administratives

Comment devenir infirmière libérale remplaçante ?

5 min de lectureMis à jour le 15 juin 2026

En résumé

L'infirmière libérale remplaçante exerce sous son propre numéro professionnel à la place d'une titulaire absente, dans le cadre d'un contrat de remplacement écrit. Elle doit justifier de 24 mois ou 2 400 heures d'exercice en trois ans (ou obtenir une autorisation de l'ARS), s'inscrire à l'Ordre, déclarer son activité à l'URSSAF et reverser une rétrocession de 10 à 20 % à la titulaire.

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Démarches administratives pour l'installation

Vérifié par Frédéric Teboul — Infirmier diplômé d'État et dirigeant de SOS Infirmières, il accompagne les infirmières libérales depuis plus de 20 ans

Dernière mise à jour le 15 juin 2026 · Voir notre politique éditoriale

Qu'est-ce que le statut d'infirmière libérale remplaçante ?

La remplaçante exerce à titre libéral, mais sans patientèle propre : elle prend le relais d'une titulaire temporairement absente. Le remplacement est une porte d'entrée privilégiée vers l'installation : il permet de découvrir l'exercice libéral, de se constituer un réseau et de tester différents secteurs avant de s'installer durablement.

Concrètement, la remplaçante intervient pour le compte d'une infirmière titulaire (ou d'un cabinet) qui s'absente pour congés, maladie, maternité ou formation. Elle utilise la patientèle de la titulaire, ses locaux et souvent son matériel, mais elle facture les soins sous son propre numéro et reste pleinement responsable de ses actes.

Le statut juridique reste celui d'un professionnel libéral indépendant en entreprise individuelle au régime BNC. La remplaçante n'est ni salariée ni collaboratrice : il n'existe aucun lien de subordination avec la titulaire. Cette indépendance est la condition essentielle pour que le remplacement ne soit pas requalifié en contrat de travail par l'URSSAF.

À noter : Une même infirmière peut enchaîner plusieurs remplacements pour différentes titulaires, ou alterner remplacements et activité de collaboratrice libérale. C'est la souplesse principale de ce mode d'exercice, particulièrement adapté aux débuts de carrière.

Chez SOS Infirmières, nous accompagnons depuis plus de 25 ans des infirmières qui démarrent par le remplacement avant de franchir le pas de l'installation.

Quelles conditions d'expérience faut-il remplir ?

Pour exercer en libéral, qu'il s'agisse d'installation ou de remplacement, la convention nationale impose une expérience minimale. Vous devez justifier de 24 mois d'exercice (soit 3 200 heures) en équivalent temps plein au cours des six dernières années, dont au moins 2 400 heures réalisées dans les trois années précédant la demande.

Cette expérience doit avoir été acquise en soins généraux, dans un établissement de santé, une structure de soins ou auprès d'un praticien. Elle conditionne votre conventionnement par l'Assurance Maladie : sans elle, vous ne pouvez pas facturer les soins remboursables aux patients.

ConditionExigence 2026
Durée minimale d'exercice24 mois (3 200 h) sur 6 ans
Dont sur les 3 dernières années2 400 heures minimum
Type d'exerciceSoins généraux salariés ou libéraux
Si condition non remplieDemande d'autorisation à l'ARS

Conseil : Si vous ne remplissez pas encore ces conditions, vous pouvez solliciter une autorisation dérogatoire auprès de l'Agence Régionale de Santé. Elle est accordée au cas par cas, notamment dans les territoires en tension. Renseignez-vous aussi sur les opportunités en zone sous-dotée, où les règles d'accès peuvent être assouplies.

Rassemblez vos certificats de travail et bulletins de salaire dès le départ : la CPAM vérifie systématiquement ces justificatifs lors du rendez-vous de conventionnement.

Que doit contenir le contrat de remplacement ?

Le contrat de remplacement est obligatoirement écrit dès lors que le remplacement dépasse 24 heures, ou qu'il se répète. Il protège les deux parties et doit être transmis au Conseil départemental de l'Ordre dans le mois qui suit sa signature, conformément au code de déontologie.

Les clauses indispensables à faire figurer dans le contrat sont les suivantes :

  • L'identité des deux parties (titulaire et remplaçante) avec leurs numéros RPPS et d'inscription à l'Ordre ;
  • Les dates et la durée du remplacement, ainsi que ses modalités de renouvellement ;
  • Le taux de rétrocession d'honoraires (voir ci-dessous) et ses modalités de versement ;
  • La répartition des frais (matériel, locaux, déplacements, télétransmission) ;
  • La clause de non-concurrence ou de non-réinstallation, qui interdit à la remplaçante de s'installer à proximité immédiate pendant une durée et un rayon définis ;
  • Les conditions d'assurance : chaque infirmière conserve sa propre Responsabilité Civile Professionnelle.

Attention : La rétrocession d'honoraires correspond à la part que la remplaçante reverse à la titulaire en contrepartie de la mise à disposition de la patientèle et des moyens. Elle se situe en pratique entre 10 % et 20 % des honoraires encaissés, le taux le plus courant étant de 10 % pour un remplacement sans local fourni et jusqu'à 20 % quand la titulaire met tout à disposition.

Un modèle de contrat type est disponible auprès de l'Ordre National des Infirmiers. Faites-le relire avant signature : une clause de non-concurrence mal calibrée peut bloquer votre future installation.

Quelle est la durée maximale d'un remplacement ?

Un remplacement est par nature temporaire : il correspond à une absence précise de la titulaire. La durée d'un contrat ponctuel n'est pas plafonnée en jours par la loi, mais le remplacement ne doit pas devenir un mode d'exercice permanent qui masquerait, en réalité, une association déguisée.

La règle déontologique clé concerne le cumul : une infirmière titulaire ne peut pas se faire remplacer de façon continue au point de ne plus exercer elle-même. Si la titulaire cesse durablement son activité, la remplaçante doit basculer vers une véritable installation ou un contrat de collaboration.

Chiffre clé : En pratique, l'administration et l'Ordre considèrent qu'un remplacement régulier auprès d'une même titulaire au-delà de plusieurs mois consécutifs doit être requalifié. Un même remplacement long (congé maternité, arrêt maladie prolongé) reste admis tant qu'il correspond à une absence réelle et justifiée de la titulaire.

Pour les remplacements répétés mais courts (week-ends, congés réguliers), aucune limite stricte ne s'applique tant que chaque période correspond à une absence effective. Conservez systématiquement la trace écrite de chaque contrat : c'est votre meilleure protection en cas de contrôle URSSAF ou ordinal.

Quelles démarches CPAM et URSSAF pour commencer ?

Même en remplacement, vous êtes une professionnelle libérale à part entière : les démarches administratives sont quasiment identiques à celles d'une installation classique, détaillées dans notre guide sur la déclaration URSSAF et CPAM.

Voici le parcours à suivre dans l'ordre :

  1. Inscription à l'Ordre — l'inscription à l'ONI déclenche votre numéro RPPS (cotisation d'environ 75 €/an). Indispensable avant tout exercice.
  2. Déclaration de début d'activité — sur le guichet unique de l'INPI, dans les 8 jours suivant votre premier remplacement. L'INPI transmet à l'URSSAF, à l'INSEE (numéro SIRET sous 10 à 15 jours) et à la CPAM.
  3. Conventionnement CPAM — un rendez-vous avec la caisse permet de vérifier vos 2 400 heures, d'enregistrer votre RIB professionnel et de commander votre Carte de Professionnel de Santé (CPS), sans laquelle vous ne pouvez pas télétransmettre.
  4. Affiliation CARPIMKO — automatique après la déclaration URSSAF ; comptez environ 3 500 à 3 600 € de cotisations la première année, à provisionner même en remplacement.

Conseil : Souscrivez votre propre assurance RCP avant le premier soin : la couverture de la titulaire ne vous protège pas. Ouvrez aussi un compte bancaire dédié pour encaisser vos honoraires et verser la rétrocession.

Où trouver des annonces de remplacement ? Les pistes les plus efficaces sont le bouche-à-oreille auprès des cabinets locaux, les groupes Facebook dédiés aux IDEL de votre région, les plateformes spécialisées (Médimi, Remplafrance, Hublo), les annonces du Conseil départemental de l'Ordre, et bien sûr le réseau SOS Infirmières, qui met en relation titulaires et remplaçantes depuis plus de 25 ans.

Questions fréquentes

Quelle expérience faut-il pour devenir infirmière libérale remplaçante ?

Vous devez justifier de 24 mois (3 200 heures) d'exercice en soins généraux sur les six dernières années, dont au moins 2 400 heures réalisées au cours des trois dernières années. Si cette condition n'est pas remplie, une autorisation dérogatoire peut être demandée à l'ARS, notamment dans les territoires en tension.

Quel est le taux de rétrocession d'honoraires en remplacement ?

La rétrocession se situe généralement entre 10 % et 20 % des honoraires encaissés. Le taux de 10 % est courant lorsque la remplaçante apporte son propre matériel, et il peut monter jusqu'à 20 % quand la titulaire met à disposition local, matériel et patientèle.

Le contrat de remplacement est-il obligatoire ?

Oui, le contrat écrit est obligatoire dès que le remplacement dépasse 24 heures ou se répète. Il doit être transmis au Conseil départemental de l'Ordre dans le mois suivant sa signature et préciser les dates, le taux de rétrocession, la répartition des frais et la clause de non-concurrence.

Une infirmière remplaçante doit-elle s'inscrire à l'URSSAF et à la CPAM ?

Oui. La remplaçante déclare son début d'activité sur le guichet unique de l'INPI dans les 8 jours, ce qui l'immatricule à l'URSSAF et déclenche l'attribution du SIRET. Elle doit ensuite se faire conventionner par la CPAM lors d'un rendez-vous pour obtenir sa CPS et facturer sous son propre numéro.

Où trouver des annonces de remplacement infirmier ?

Les meilleures sources sont le bouche-à-oreille auprès des cabinets, les groupes Facebook régionaux d'IDEL, les plateformes spécialisées comme Médimi, Remplafrance ou Hublo, les annonces du Conseil départemental de l'Ordre, et les réseaux d'accompagnement comme SOS Infirmières.

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SOS Infirmières vous accompagne à chaque étape de votre installation avec un cabinet clé en main et un accompagnement personnalisé.