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Statut juridique et social

Puis-je être auto-entrepreneur en tant qu'infirmière libérale ?

5 min de lectureMis à jour le 4 mars 2026

En résumé

Non. Le statut d'auto-entrepreneur (micro-entrepreneur) est formellement incompatible avec l'activité d'infirmière libérale conventionnée. L'affiliation obligatoire au régime PAMC et l'exonération de TVA des actes de santé rendent ce statut juridiquement impossible. Les deux seules options sont l'Entreprise Individuelle (EI) et la Société d'Exercice Libéral (SEL).

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Statut juridique et social de l'infirmière libérale

Vérifié par Frédéric Teboul — Infirmier diplômé d'État et dirigeant de SOS Infirmières, il accompagne les infirmières libérales depuis plus de 20 ans

Dernière mise à jour le 4 mars 2026 · Voir notre politique éditoriale

Pourquoi l'auto-entreprise est-elle incompatible avec l'exercice conventionné ?

Le statut d'auto-entrepreneur est formellement incompatible avec l'activité d'IDEL conventionnée en raison du régime PAMC obligatoire. La confusion est fréquente, et chaque année des infirmières fraîchement diplômées tentent de s'immatriculer en auto-entrepreneur avant de réaliser que la CPAM refusera leur conventionnement.

En tant qu'infirmière libérale, vos actes de soins sont exonérés de TVA au titre de l'article 261-4-1 du Code général des impôts. Or le régime micro-entrepreneur repose sur un calcul simplifié des cotisations sociales en pourcentage du chiffre d'affaires brut, via le micro-social. Ce système est incompatible avec le régime des Praticiens et Auxiliaires Médicaux Conventionnés (PAMC), auquel toute IDEL conventionnée est obligatoirement affiliée.

Le régime PAMC implique des cotisations sociales calculées sur le bénéfice net (et non sur le chiffre d'affaires), une affiliation à la CARPIMKO pour la retraite, et des modalités de déclaration spécifiques à l'URSSAF des professions libérales. Notre simulateur URSSAF vous permet d'estimer précisément ces charges selon votre BNC.

Attention : Sans conventionnement, vous ne pourriez pas télétransmettre vos feuilles de soins, vos patients ne seraient pas remboursés par l'Assurance Maladie, et votre activité serait économiquement non viable.

Les infirmières que nous accompagnons rapportent que cette confusion entre auto-entrepreneur et EI est l'une des plus fréquentes lors des premières démarches d'installation.

Certaines situations marginales existent toutefois : une infirmière qui exerce exclusivement des activités non conventionnées (coaching santé, consulting, formation) pourrait théoriquement utiliser le statut de micro-entrepreneur pour cette activité annexe, à condition de la séparer totalement de son exercice conventionné.

Pourquoi l'Entreprise Individuelle est-elle le statut naturel pour démarrer seule ?

L'Entreprise Individuelle (EI) est le statut le plus adapté pour démarrer seule en libéral, avec une séparation automatique des patrimoines depuis la réforme du 15 mai 2022. L'immatriculation se fait en quelques jours auprès du guichet unique de l'INPI, et les obligations comptables restent légères en comparaison d'une société.

Sur le plan fiscal, deux régimes coexistent sous l'EI. Le micro-BNC (à ne pas confondre avec le micro-entrepreneur) s'applique si votre chiffre d'affaires reste en dessous de 77 700 € par an. L'administration applique alors un abattement forfaitaire de 34 % sur vos recettes pour calculer votre bénéfice imposable.

Dans notre expérience d'accompagnement depuis plus de 25 ans, nous constatons que ce régime est avantageux tant que vos charges réelles ne dépassent pas 34 % de votre CA, ce qui peut être le cas en tout début d'activité.

CritèreMicro-BNCBNC réel (déclaration 2035)
Seuil CA< 77 700 €Sans limite
Charges déduitesAbattement 34 %Frais réels
ComptabilitéUltra-simplifiée2035 + bilan
TVAFranchise en basePossible option
CotisationsSur CA abattuSur bénéfice réel
Idéal si charges réelles< 34 % du CA> 34 % du CA

Dès que votre activité monte en puissance et que vos charges professionnelles dépassent ce seuil, le régime de la déclaration contrôlée (BNC réel) devient plus intéressant puisqu'il permet de déduire l'intégralité de vos dépenses réelles : cotisations CARPIMKO et URSSAF, frais de véhicule, loyer, matériel, assurances, formation continue.

Chiffre clé : La grande majorité des IDEL en activité pleine relèvent du régime réel. Le coût annuel d'un expert-comptable spécialisé se situe entre 1 200 et 2 000 €, et celui de l'AGA autour de 150 à 200 € — le tout déductible du bénéfice.

Quand faut-il envisager une SEL ou une forme sociétaire ?

La Société d'Exercice Libéral (SELARL ou SELAS) convient lorsque l'exercice en solo ne correspond plus à votre projet professionnel. Elle permet à plusieurs infirmières de s'associer, de partager les bénéfices et de structurer leur cabinet comme une véritable entreprise. La différence fondamentale avec l'EI tient à la fiscalité : la SEL est soumise par défaut à l'impôt sur les sociétés (IS), ce qui permet de dissocier la rémunération personnelle du résultat de la société.

Le taux réduit d'IS à 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfice rend ce montage attractif pour les cabinets dont le chiffre d'affaires dépasse significativement les charges.

Mais la SEL a un coût. La rédaction des statuts, les formalités de publication, l'inscription au registre du commerce et la comptabilité en partie double génèrent des frais de gestion annuels de 3 000 à 5 000 €. Pour une infirmière en début d'activité, ce surcoût absorbe souvent l'économie fiscale espérée.

Conseil : Démarrez en EI, consolidez votre patientèle et votre chiffre d'affaires pendant 2 à 3 ans, puis évaluez l'opportunité d'une SEL avec votre expert-comptable si votre bénéfice le justifie.

Notre équipe accompagne chaque année des dizaines d'infirmières dans le choix de leur structure juridique, et la grande majorité démarre en EI avant d'envisager une évolution.

Enfin, la Société Civile de Moyens (SCM) offre une troisième voie, intermédiaire : elle permet de mutualiser les frais (local, secrétariat, matériel) entre plusieurs IDEL qui conservent chacune leur statut individuel. Pas de partage de bénéfice, pas d'exercice commun au sens juridique, mais une réduction des charges fixes qui peut représenter plusieurs milliers d'euros d'économies par an et par associée. Le Service-public.fr détaille les formalités de création de ces différentes structures.

Questions fréquentes

Pourquoi le statut auto-entrepreneur est-il interdit pour une IDEL ?

Le statut auto-entrepreneur (micro-entrepreneur) est incompatible avec le régime PAMC obligatoire pour les IDEL conventionnées. Le micro-social calcule les cotisations sur le CA brut, alors que le régime PAMC les calcule sur le bénéfice net. Sans conventionnement, vos patients ne seraient pas remboursés par l'Assurance Maladie.

Quel statut juridique choisir pour s'installer en infirmière libérale ?

L'Entreprise Individuelle (EI) est le statut naturel pour démarrer seule. Depuis la réforme du 15 mai 2022, elle offre une séparation automatique des patrimoines personnel et professionnel. La SEL (SELARL ou SELAS) convient pour l'exercice en association, mais ses frais de gestion annuels de 3 000 à 5 000 € la réservent aux cabinets bien établis.

Micro-BNC ou BNC réel pour une infirmière libérale ?

Le micro-BNC applique un abattement forfaitaire de 34 % sous 77 700 € de CA. Le régime réel (déclaration contrôlée) permet de déduire toutes les charges réelles : CARPIMKO, URSSAF, frais de véhicule, matériel, assurances. Dès que vos charges dépassent 34 % du CA, le régime réel devient plus avantageux.

Combien coûte un expert-comptable pour une IDEL ?

Un expert-comptable spécialisé en professions de santé coûte entre 1 200 et 2 000 € par an. L'adhésion à une AGA (150 à 200 €) ouvre droit à la non-majoration du bénéfice imposable. Ces deux dépenses sont elles-mêmes déductibles du bénéfice.

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